Les nouvelles lois 2025 pour les riads au Maroc : ce que chaque propriétaire doit savoir

Depuis quelques années, le Maroc a décidé de moderniser tout le secteur de l'hébergement touristique. Cela concerne les hôtels, mais aussi les riads, les maisons d'hôtes, les kasbahs, les auberges, les campings et même une partie des locations type Airbnb.
En 2025, une grande réforme est entrée en vigueur avec un nouveau système de classement en étoiles, des normes plus strictes et un plan pour intégrer les hébergements "informels". Pour les propriétaires de riads, c'est à la fois un défi et une grande opportunité.
1. La loi 80-14 : la base de toutes les nouvelles règles
Le cadre juridique des hébergements touristiques au Maroc repose sur la loi n° 80-14 relative aux établissements touristiques et aux autres formes d'hébergement touristique. Cette loi encadre :
- les hôtels,
- les riads,
- les maisons d'hôtes,
- les résidences touristiques,
- les auberges, campings et autres formes d'hébergement.
La loi 80-14 existe depuis plusieurs années, mais elle est devenue vraiment opérationnelle grâce à des décrets et arrêtés publiés entre 2023 et 2025. La responsable politique au cœur de cette réforme est Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire.
Le but affiché du ministère est clair : améliorer la qualité, la sécurité et la transparence dans tout le secteur, et préparer le pays aux grands objectifs touristiques (CAN 2025, Coupe du Monde 2030, etc.).
2. 2023-2025 : les grandes dates à retenir pour les riads
Plusieurs textes importants ont été publiés en peu de temps, et ils concernent directement les riads. Voici les étapes clés, expliquées simplement :
2023-2024 : normes de construction et préparation
En 2023 et 2024, le gouvernement a publié des décrets qui renforcent les normes de construction et de sécurité des établissements d'hébergement touristique.
- Objectif : s'assurer que les bâtiments (y compris les riads) répondent à des standards minimums de sécurité, de solidité et d'accessibilité.
- Ces textes préparent le terrain pour un nouveau système de classement plus exigeant.
27 mai 2025 : l'arrêté 985-24 sur le classement
Le 27 mai 2025, un texte très important a été publié au Bulletin Officiel : l'arrêté conjoint n° 985-24.
- Cet arrêté fixe de manière détaillée les normes de classement des établissements d'hébergement touristique au Maroc.
- Il remplace un ancien arrêté de 2003 et introduit un système moderne, plus précis et aligné sur les standards internationaux.
Juin 2025 : cinq arrêtés pour transformer le secteur
En juin 2025, le ministère du Tourisme annonce l'entrée en vigueur de cinq arrêtés ministériels pour amorcer une "véritable transformation qualitative" du secteur de l'hébergement touristique.
- Ces cinq textes complètent la loi 80-14 et organisent le nouveau référentiel de qualité et de classement en étoiles.
- Ils s'appliquent à tous les hébergements : hôtels, riads, maisons d'hôtes, auberges, campings, etc.
La ministre Fatim-Zahra Ammor explique que cette réforme a été construite avec les professionnels du tourisme et qu'elle vise à renforcer la confiance des clients.
3. Un nouveau classement en étoiles pour tous les riads
Avant, les riads n'étaient pas toujours clairement intégrés dans un système de classement en étoiles comme les hôtels. Avec la réforme 2025, tout change :
- Tous les établissements d'hébergement touristique (y compris les riads et maisons d'hôtes) sont désormais classés selon un même référentiel d'étoiles.
- L'objectif est que le client comprenne plus facilement la qualité d'un riad, comme il comprend la différence entre un hôtel 2 étoiles et un hôtel 4 étoiles.
Normes A (obligatoires) et normes B (complémentaires)
L'arrêté 985-24 introduit deux types de normes pour le classement :
Normes A : ce sont les normes obligatoires.
- Elles couvrent la sécurité (incendie, issues de secours, éclairage, signalisation), l'hygiène, certains équipements de base, la gestion de la clientèle, etc.
- Un riad doit respecter 100% des normes A pour obtenir ou garder son classement.
Normes B : ce sont des normes complémentaires.
- Elles concernent le confort, les services additionnels, la digitalisation (réservation en ligne, paiement électronique), les langues parlées, l'esthétique, parfois l'écologie, etc.
- Le riad doit atteindre un certain pourcentage minimal de ces normes B (par exemple 70%) selon la catégorie d'étoiles visée.
Cette structure pousse les propriétaires de riads à aller au-delà du minimum légal pour offrir une meilleure expérience aux clients.
4. Visites mystères et réévaluation régulière
Un élément nouveau et important pour les riads est l'arrivée des "visites mystères".
- Des prestataires spécialisés, sélectionnés par la Société Marocaine d'Ingénierie Touristique (SMIT), effectuent des visites incognito dans les établissements classés.
- Ils vérifient discrètement la propreté, la qualité de l'accueil, le confort, la rapidité du service et le respect du niveau d'étoiles affiché.
De plus, le classement n'est plus définitif :
- Le nouveau système prévoit une réévaluation après quelques années (par exemple 7 ans pour un premier cycle, puis tous les 5 ans).
- Si un riad ne maintient pas le niveau de qualité attendu, il peut perdre des étoiles.
Pour un propriétaire, cela veut dire que la qualité doit être constante et non seulement présente le jour de la demande de classement.
5. Délai pour que les riads se mettent en conformité
La question la plus importante pour beaucoup de propriétaires est : combien de temps avons-nous pour nous mettre en règle ?
Les textes et la communication autour de la réforme parlent d'une période de transition d'environ 24 mois pour les hébergements "informels" ou non classés, y compris de nombreux riads et maisons d'hôtes.
Ces 24 mois servent à :
- régulariser la situation administrative (autorisation, fiscalité, statut d'établissement touristique),
- mettre le riad aux normes de sécurité et d'hygiène,
- préparer un dossier pour le classement en étoiles.
L'idée est de tendre la main aux établissements informels : la réforme est présentée comme une "reconnaissance, pas une sanction".
En pratique, cela signifie :
- À partir de l'entrée en vigueur du nouveau référentiel (2025), les riads informels disposent d'environ 2 ans pour rejoindre le système officiel.
- Passé ce délai, les hébergements non régularisés s'exposent à des risques de sanctions :
- refus de classement,
- difficultés avec les autorités locales,
- possible fermeture administrative en cas de non-respect grave des normes.
Pour un riad déjà légal mais non encore classé, l'urgence est un peu moins forte, mais il reste important de se mettre rapidement au niveau des nouvelles normes pour ne pas perdre en compétitivité.
6. Ce que doit faire un propriétaire de riad maintenant
Pour aider les propriétaires de riads, voici une feuille de route simple à suivre à partir de 2025.
1. Vérifier la situation légale du riad
- S'assurer que le riad est officiellement déclaré comme établissement d'hébergement touristique (autorisation, registre du commerce, fiscalité).
- Si le riad fonctionne de manière "informelle", prendre contact avec :
- le centre régional d'investissement (CRI),
- ou les services du ministère du Tourisme,
2. Étudier les nouvelles normes de classement
- Se procurer ou se faire expliquer le contenu de l'arrêté 985-24 sur le classement des hébergements.
- Lister les normes A obligatoires (sécurité, hygiène, équipements de base) et vérifier si le riad les respecte toutes.
- Identifier les normes B complémentaires à travailler : meilleure literie, accueil multilingue, services supplémentaires, digitalisation (site web, réservation en ligne, paiement par carte, etc.).
3. Préparer le riad aux visites mystères
- Former le personnel à un accueil professionnel et constant : sourire, politesse, rapidité, propreté des chambres, gestion des plaintes.
- Mettre en place des procédures simples : check-in clair, explication des règles de la maison, informations sur le quartier, petit-déjeuner bien organisé.
- Se rappeler que des visites mystères pourront vérifier la réalité du service par rapport aux étoiles affichées.
4. Penser à la qualité comme un investissement
- Un riad bien classé dans le nouveau système aura plus de chances d'être mis en avant sur :
- les sites d'agences,
- les plateformes de réservation,
- les annuaires en ligne spécialisés dans les riads.
- La réforme vise à tirer toute l'offre vers le haut : les établissements qui jouent le jeu de la qualité profiteront le plus de la croissance du tourisme au Maroc.
7. Conclusion : une contrainte, mais aussi une vraie opportunité pour les riads
Les nouvelles lois et les arrêtés de 2025 changent profondément les règles du jeu pour les riads au Maroc. Avec la loi 80-14, l'arrêté 985-24 et les cinq arrêtés ministériels, le pays met en place un système moderne : classement en étoiles harmonisé, normes claires, visites mystères et intégration progressive de l'informel.
Pour les propriétaires de riads, la clé est de profiter du délai d'environ 24 mois pour se mettre en conformité, améliorer la qualité et se positionner comme des hébergements sérieux et attractifs. Ceux qui se régularisent tôt auront un avantage important lorsque la concurrence deviendra plus stricte.
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Sources et références
Cet article s'appuie sur les textes officiels publiés au Bulletin Officiel du Maroc, les communiqués du Ministère du Tourisme, et les analyses de médias spécialisés marocains (Médias24, Le Matin, Les Éco, etc.).